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Rigolades Carnavalesques

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Quand il a décidé de rentrer au bercail après 15 mois passés à parcourir le monde, mon amoureux s’est réjoui d’y arriver à temps pour Carnaval. Quant à moi, mes expériences avec carnaval étant limitées à Bonhomme et une nuit costumée bien arrosée en Espagne, je ne me doutais pas de l’expérience que je m’apprêtais à vivre.

Donc, un samedi soir de février, je me suis retrouvée au grenier de mes beaux-parents fouillant dans des sacs remplis de costumes accumulés au cours d’années de célébrations loufoques. J’y ai trouvé un déguisement d’homme des cavernes ayant été porté par le plus jeune des frères alors qu’il n’avait que 6 ans. C’est ainsi vêtu que j’ai accompagné mon pirate à la fête. Le bar s’est vite rempli à craquer de néerlandais de tous les âges partageant à boire et dansant aux rythmes carnavalesques enjoués. Je me suis déhanchée sur l’air de Sex on Fire avec passion, seulement ce n’était pas la chanson de Kings of Leon que l’on connaît bien, mais une reprise en néerlandais par Lawineboys et DJ Jerome aux paroles complètement ridicules. Voyez le vidéo-clip de Sex met di Kale (qui signifie en français Sex avec le chauve) ensuite imaginez moi, la Canadienne, en train de donner tout ce que j’ai sur la piste de danse! J’en ris toujours!

Le lendemain, un peu au ralenti, nous avons enfilé le premier costume qui nous est tombé sous la main et avons sauté à deux sur une bicyclette afin de ne pas rater le défilé que l’on entendait déjà passer au coin de la rue. Assise à l’arrière du vélo, agrippé à mon homme, je me suis sentie gagnée par l’excitation du moment alors que nous faisions la course aux chars de parade pour en voir le commencement au centre-ville avec des amis. Spectateurs, petits et grands, étaient réunis depuis longtemps sur les trottoirs. Les enfants lançaient des confettis et mangeaient des bonbons alors que les parents sortaient des bars portant des plateaux de bières pour trinquer entre grandes personnes.

Cette parade n’avait rien d’extraordinaire à mes yeux jusqu’à ce que le char principal apparaisse à l’horizon. Celui-là même sur lequel a travaillé depuis plusieurs mois l’un des jeunes hommes de la famille. À ce moment, j’ai compris pourquoi la construction de l’une de ces flottes peut coûter jusqu’à 10 000 euros. Composé de 5 chars motorisés et 80 participants costumés c’était pour le moins impressionnant. Tout est réfléchi, le thème, l’animation, la mécanique des personnages géants, tout y est. C’est drôle et coloré, ça tourne, ça balance, ça jette de la fumée. Les paradeurs dansent et invitent le public à jouer. Wow, quel spectacle! J’étais époustouflée et figurez-vous ma joie en apprenant que la parade du lendemain mettrait en scène possiblement une douzaine de flottes telles que celle-là. J’étais plus emballée qu’une enfant de 5 ans.

Gagnés par le froid, nous sommes entrés au bar pour réchauffer nos doigts engourdis, ruse bien orchestrée par mon chum pour boire plus que quelques verres en bonne compagnie. En plein après-midi, les petits couraient partout entre les tables et se dandinaient sur la scène ou sautaient dans le palais gonflable alors que les fûts coulaient à flots derrière le bar. De sorte que je me suis retrouvée, moi aussi, à me secouer le popotin aux airs de chansons enfantines. Bien que je n’aie jamais vu auparavant de bars grouillant de si jeunes fêtards, j’ai aussitôt aimé l’idée de grandir au cœur de telles festivités.

Ayant commencé tôt, nous sommes rentrés tôt et je me suis félicitée le lendemain d’avoir bu du spavela (mélange de bière et d’eau pétillante) une partie de la soirée. Pour être franche, ce n’est pas très bon, mais disons que c’est comme boire de la Budweiser. Quand j’ai commenté à mon copain que je ne distinguais pas bien la différence de goût entre leur bière et le spavela, il m’a dit que c’était justement signe qu’il me fallait à ce moment boire de ce mélange dilué ou tout simplement rentré me coucher. Eh bien voilà, c’est très néerlandais ça de parler sans détour. J’apprendrai à m’y habituer, mais pour cette fois, j’ai ri.

À ma grande déception, la météo du jour suivant, le jour du grand défilé tant attendu, a forcé l’organisation à annuler l’événement. Il y a quelques années, des vents violents ont fait basculer l’un des chars qui a emporté dans sa chute la vie des festivaliers qui s’y trouvaient. Depuis, on ne prend plus de risques. Cette année, bien des cœurs ont été brisés par le temps inclément. Toutefois, la fête s’est poursuivie pareille aux autres soirs, bien arrosés, et le dernier pour nous. J’avoue que le mardi matin je n’étais pas mécontente que la vie reprenne son cours normal. Surtout parce qu’aller déposer une demande pour un visa de travail avec un mal de crâne monumental ne faisait pas partie des choses que j’espérais vivre en venant ici.

Suite à quelques jours de repos bien appréciés, on nous a annoncé la reprise de la grande parade. Juste à temps pour la Saint-Valentin. Comble de bonheur, les flottes des villages voisins étaient invitées à s’inscrire elles aussi. J’ai donc eu la chance d’admirer 16 flottes rivaliser pour le premier prix du publique et du jury.

Voyez vous-même un petit clin d’œil de l’événement qui a fait briller mes yeux et mis de vives couleurs et des éclats de rire dans les rues grises d’un jour froid et pluvieux aux Pays-Bas.

Cliquez sur une photo pour voir les photos complètes.

 

 

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