, / 566 3

Déambulade à Paris

SHARE

La semaine dernière, mon chum me dit : « Alors, ce week-end, qu’en penses-tu, on va à Paris? » Non, mais je rêve! Je me croirais au cinéma ou l’heureuse gagnante d’un billet de loto tellement cette phrase me fait rêver. Vivre en Europe c’est génial pour ça. Un week-end à Paris, un aller-retour en Belgique, un saut en Allemagne, tout est si près. Passer les frontières ici c’est comme rendre visite à son voisin. En plus, t’as même pas besoin de sonner, la porte est ouverte.

Comme nous étions à la dernière minute et en campagne, les billets d’avion et de train étaient plus chers que je ne l’avais espéré. Nous avons donc opté pour la Toyota Corrolla 97’ et un plein d’essence. Même à 1,35 euro (+/- 1,98$ CAN) le litre en moyenne, conduire était plus économique. Nos ceintures bien bouclées, nous avons traversé la Belgique à 120km/h. Sur les mégas autoroutes européennes, on s’est amusé à reconnaître la provenance des voitures voisines grâce à leurs plaques d’immatriculation. À la radio, toutes les chaines diffusaient de la musique pop à la Justin Bieber, cauchemar! Mais aux abords de Bruxelles, les commentateurs nous livraient le bulletin routier en français et ça, mes amis, ça a fait du bien à mon ptit cœur.

Quatre heures et demie plus tard, nous y voilà, Paris!

Alors que je faisais la file à la réception de notre auberge de jeunesse, des mains m’ont agrippée. En me retournant, je l’ai aperçu, souriant, mon ami montréalais avec sa tuque jaune et vert au logo de Nantes. Ses recherches bien entamées, il rentre au Québec presque à reculons. Il s’y plaît beaucoup en ce pays et la France lui va bien, je trouve. Quel bonheur de le revoir!

Pour célébrer, nous sommes sortis prendre un verre. En marchant le long du Canal St-Martin nous avons trouvé l’endroit parfait. Nous nous sommes installés avec une bouteille de rouge sur le pont d’une péniche décorée d’ampoules multicolores. J’adore!

Le lendemain, on a fait la grâce matinée. Ce week-end, le plan de match était détente. En cette quatrième visite de la Ville lumière, je ne ressentais pas le besoin de faire la course aux attraits touristiques comme je l’aurais fait à une première visite. Notre-Dame, le Louvre, Musée d’Orsay, le Pont des Arts, les Catacombes, le Cimetière du Père Lachaise, la Tour Eiffel, les Champs Elysées, l’Arc de Triomphe, Montmartre et son Moulin Rouge, l’Opéra, les Galeries Lafayette… Bref, j’avais déjà fait le tour du circuit populaire. Au programme, faire un selfie devant la tour Eiffel pour la nièce de mon ami, trouver de quoi lire en français, et fouler à nouveau les pavés usés de la Butte.

11 :00 a.m. c’est parti! Métro jusqu’à la Concorde. Pour le reste, on y va à pattes. La file d’attente pour gravir

Sorel, ma belle! Déambulade à Paris - Jessica Page

Selfie devant la tour Eiffel, check!

l’escalier de la tour Eiffel est trop longue. Selfie, check. On continue. Paris nous offre son plus magnifique soleil. On laisse notre estomac nous guider d’une terrasse ensoleillée à l’autre. Brunch de galettes de sarrasin et cidre brut au Grenier à Pommes. Apéros multiples. Souper de charcuteries et fromages fins. Pourrait-on avoir un peu plus de pain, s’il vous plaît? Et un sourire avec ça? Montmartre devra attendre notre visite, on s’est accroché les pieds au dive bar Le Boucan à quelques pas du plus coquin des moulins. Le serveur rigolo avec son chapeau melon danse et chante aux rythmes soul rétro. Je trouve un livre sur les étagères de littérature à échanger. Check. Et avant de quitter, nous nous entassons dans le photomaton pour un cliché souvenir.

Sorel, ma belle! Déambulade à Paris - Photomaton Le Boucan

Photomaton fou @ Le Boucan.

Sur le chemin du retour, on s’amuse à compter les salons de massage. Ces massages ont-ils comme on dit en anglais « une fin heureuse »? On est à Pigalle après tout. Le sexe et l’érotisme font partie du décor. Il y a même un musée. Et pour ceux qui ne peuvent se payer un spectacle de cabaret à 200 euros, on se contente d’une photo devant les néons rouges.

Dimanche matin, on s’est levés tôt pour faire nos adieux à mon ami. Toutefois, il était déjà parti. A-t-il filé en douce pour éviter mes larmes? J’ai avalé mon petit déjeuner le cœur serré et mon sourire c’est manifesté de nouveau en mettant le nez dehors, sous un autre beau soleil parisien. J’ai passé la matinée à déambuler dans les rues en fredonnant tout bas cette chansonnette qui me vient toujours en tête quand je pense à la capitale française. Je ne connais que le refrain de « Loin de Paname », mais je le répète en boucle rêveusement.

Nos pieds ont trouvé le chemin de la Butte et soudain, nous nous sommes retrouvés emportés par la foule montant vers Sacré-Cœur. Nous sommes en mars et déjà les touristes abondent. L’image romantique que j’ai du Montmartre peuplé par ses artistes et excentriques du tournant du dernier siècle est bien loin maintenant. Les artistes sur la place du Tertre se fondent les uns avec les autres, partout il n’y a que des images du quartier qui se ressemblent beaucoup trop à mon goût. Chaque mètre parcourut, un portraitiste vous offre ses services. Non, merci. J’ai le blues d’une époque révolue. J’aimerais pouvoir voyager dans le temps comme Owen Wilson dans le film « Minuit à Paris » de Woody Allen. Je cherche mon coin favori. En plein cœur de la ville, sur une petite parcelle de terre, à l’intersection des rues St-Vincent et des Saules, face au Cabaret Lapin Agile, on y trouve ce dont on ne se douterait jamais. Un vignoble et la paix. Loin des foules, on croirait que le temps s’est figé. La petite maison rose au coin est elle telle que Picasso l’a connu quand il venait y prendre un verre et discuter d’art avec ses comparses? J’ai, en revenant ici, l’impression de retrouver un lieu familier.

Nous poursuivons notre route vers le cimetière de Montmartre puis vers le sud. J’ai envie d’un café et d’un croissant. C’est alors que j’ai un coup de cœur pour le décor d’un petit resto, la Cantine Californie. Pas de viennoiseries, mais les tacos sont généreux et bien goûteux. Rassasiés, nous revoilà flânant sur les trottoirs ensoleillés, traversant la rue pour éviter de marcher dans l’ombre des édifices où il fait un peu trop frais. Soudain, tout à fait par hasard, nous tombons sur une brocante, rue des Martyrs. Il y a des tentes blanches remplies de trésors à perte de vue. Je suis aux anges! De la vaisselle, des nappes, des vêtements, des tapis, des meubles, des outils, des livres, des affiches, des jouets, tous vieillis par le temps, comme je les aime. Je veux tout acheter! Ce couteau dont la lame est gravée du nom de la ville. Cette saupoudreuse hors de prix. Cette vieille boussole qui n’a pas perdu le nord même après toutes ces années. J’en rêve. Mon amoureux s’impatiente, l’heure avance et la route sera longue sur le chemin du retour.

Au revoir Paris! Et merci. Je comprends maintenant mieux que jamais pourquoi on dit que la France et le Québec sont cousins. Tu m’as fait du bien, même si c’est étrange de dire que je me suis plus reposée dans cette grande ville grouillante que dans notre petite maison de campagne aux Pays-Bas. Si vous aimez les casse-tête en voilà tout un. C’est circonstanciel, voilà tout, et il faudrait avoir marché dans mes souliers pour le comprendre. Mon ami, j’attends ton retour avec impatience. Dépêche-toi!

CARNET D’ADRESSES À RETENIR 

Le Grenier à Pommes – 19, rue de Longchamp
75016 Paris

Le Boucan – 108 Boulevard de Clichy, 75018 Paris

Cantine California – 46 rue de turbigo, 75003 Paris

3 commentaires

  • Michelle dit :

    Ah Merci ma grande amoureuse de la vie!!! Ton père et moi aime tellement te lire.Je peux t’imaginer sous les tentes blanche a tout toucher “De la vaisselle, des nappes, des vêtements, des tapis, des meubles, des outils, des livres, des affiches, des jouets, tous vieillis par le temps, comme je les aime. Je veux tout acheter! Ce couteau dont la lame est gravée du nom de la ville.“ Ton histoire ne dit pas si tu a fait l’acquisition de ce couteau souvenir. Toi qui aime tant les ustensile de cuisine desparrailler et les trucs avec une histoire d’il y a jadis. Je crois savoir de qui tu prend cette amour la 😉 ,Merci Encore ma belle gitane 😉

  • Rose Tremblay dit :

    Comme c’est interessant de te lire Jessica , Je t’envie .
    Love , Tante Rose

  • Marie Bergeron dit :

    Tu es tres adventurereuse m’a belle gitane Jessica. Comme tu dois voir du pays et tout apprendre de toutes ces coutumes de different pays et courageuse aussi . Bonne chance dans tous tes voyages. Continues de nous donner de tes nouvelles. Tres interressant a lire. Bon voyage……

RÉINITIALISER MON MOT DE PASSE

CONNEXION