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La Route des bières des Cantons-de-l’Est

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Pourquoi je vous écris ici? Tout simplement parce que j’étais jaloux de mon frère Phil qui raconte ses périples en Colombie-Britannique, j’avais envie de partager quelques une de mes tranches de vie sur ce blogue. Pour sa part, il dresse le portrait de son lifestyle à Vancouver, Revelstoke, Kelowna… De mon côté, je vais vous raconter un séjour à Sherbrooke, Magog et Bromont. Bref, pas besoin de vous dire que nous n’avons pas le même revenu annuel.

Dans ma gang de chums, on n’est pas du genre « voyage de pêche » mais on aime quand même s’évader pour avoir la chance de déconnecter en groupe. On est des trippeux de bières (déformation professionnelle pour ma part), de roadtrip, de bouffe. À l’été 2014, on a décidé d’amener ça à un autre niveau. Comment dire… Les amateurs de vin ont la chance de parcourir la route des vins, nous, on aime la bière, on va créer une route des bières. Simple comme ça : on dresse la liste des micro-brasseries dans une région, on choisit une fin de semaine et on y va.

Quand t’as des amis qui sont enseignants, journalistes, entrepreneurs, ingénieurs… avoir la chance de les côtoyer pendant plus de 48 heures est une utopie. Heureusement que la Fête du travail existe.

Donc, on est all set, tout le monde s’est disponibilisé – mon word me le souligne en rouge mais je croyais vraiment que c’était un mot… en tout cas, vous savez ce que ça veut dire – pendant le fameux premier week-end de septembre. On part à la conquête de la bière. Je propose que nous allions dans les Cantons-de-l’Est parce que je suis l’instigateur du projet, je bénéficie donc du choix de la destination et de la charge de l’organisation. Une lame à double tranchant. J’ai la chance de choisir la région mais ça implique que c’est moi qui doit faire toute la planification heure par heure des déplacements sur 2 jours, donc si c’est un désastre, c’est moi qui signe l’échec. C’est d’ailleurs moi qui doit s’arranger, en premier lieu, avec la location du môtel et avec le budget qu’on avait, il n’était pas question d’hôtel.

Je dois louer un môtel… pour 9 personnes… pendant la fin de semaine la plus achalandée de l’année… à 2 semaines d’avis… On s’entend que je pige tard dans le pot de tirage, nul besoin de vous dire que nous n’avons pas tombé sur la place rêvée. Hé oui, la loi de l’offre et de la demande venait de nous frapper en pleine face avec une bonne giffle digne d’un soap américain de fin d’après-midi à TVA, nous avons dormi dans la seule place qui était disponible. Le môtel qu’il restait de disponible était as trash as it can get. Le genre de place que tu regardes les photos sur le site Web et tu te dis « Wow… Comment ce bâtiment fait pour encore tenir debout ». Mais ce n’est pas grave. Même si on dort dans un môtel qui vaut aussi cher qu’une Coffee Crisp, l’objectif c’est d’avoir du fun, on prend 2 autos et on prend la route, direction Sherbrooke.

 

Sherbrooke

Il est 14h30, on vient d’arriver à Sherbrooke, on se sent en vacance. On débarque à la Microbrasserie le Siboire, on est 9, on a le feu dans les dents comme si on venait d’arriver à notre après-bal mais la place est vide parce que… il est 14 h 30. La serveuse constate qu’on a les yeux brillants en regardant le menu comme un enfant qui rentre pour la première fois dans la Laiterie Chalifoux.

Le deal de la fin de semaine est qu’on prend tous une planchette de dégustation à chaque endroit que nous visitons. Pour les néophytes, une planchette est l’équivalent de 8 petits verres de chacune des bières en fût de l’endroit. Bref, la solution idéale pour des dégustateurs comme nous et un supplice pour une serveuse qui doit couler 72 verres (8 verres x 9 personnes… j’ai mes maths 536).

Les verres arrivent à la table. En fait, on ne voit plus la table, il n’y a que des verres. Ça annonce une belle fin de semaine de dégustation. J’ai été sincèrement charmé par l’endroit, autant pour la bière que pour l’ambiance. Il faut dire qu’historiquement le lieu était une gare de train, ça ajoute au style. J’aime bien cette mode d’utiliser des endroits historiques pour partir des nouveaux bars. En discutant avec la serveuse, on en apprend un peu plus sur la place, elle nous mentionne que la micro-brasserie était un projet d’un groupe d’étudiants en ingénierie de l’Université de Sherbrooke qui ont rêvassé à l’idée de brasser de la bière pendant leurs études. Classique idée d’étudiant qui jase dans un 4 à 7… mais eux ils l’ont fait et ils ont bien fait. Chapeau.

16 h 30, on quitte pour aller 2 rues plus loin au Boquébière, tout le monde est excité jusqu’à ce qu’on arrive devant la porte de l’endroit et que nous pouvons y lire une feuille dans l’entrée : « Fermé pour cause d’incendie ». La place avait brûlé 24 heures avant qu’on y arrive. La déception dans mon visage était palpable. La même déception que lorsque tu arrives au McDonald un peu éméché en fin de soirée et que tu te rends compte qu’ils en sont rendus à servir des déjeuners.

Bref, on vient de perdre une de nos destinations bières, on fait quoi? On se dirige vers Magog pour rencontrer la micro-brasserie La Memphré.

 

Magog

Le genre de ville que tu arrives et que tu te dis, si on trouve un parking ici, on achète un 6/49. Mais sans farce, c’est relax, on est sur le bord du Memphrémagog, la différence avec Sorel c’est qu’à Magog, tu peux boire une bière sur une terrasse sur le bord de l’eau (le message est lancé).

Heureusement, on devait aller parker la voiture au môtel, on check in, on dépose les sacs, on constate que les photos du site Web étaient représentatives, l’expression « je me sens comme chez nous » ne s’appliquait pas. On appelle un taxi et on se rend au centre-ville.

On arrive à la micro-brasserie La Memphré, on se pointe en mentionnant à la personne en charge de l’accueil qu’on fait la route des bières. La fille nous regarde en se disant « What » (c’est une ville bilingue, il faut s’adapter). Bref, l’information n’est quand même pas tombée dans l’oreille d’une sourde, elle nous a fait rencontrer le propriétaire de l’endroit. La discussion avec cet entrepreneur qui, je croyais allait durer 5 minutes, s’est prolongée. Le proprio a passé la soirée entière avec nous, il nous a payé de la bière, des shooters, des verres. On a un peu dérogé du concept dégustation. On était supposé aller au môtel vers 23 h, on est rentré à 3 h du matin après un Mc Do (mais heureusement ils n’étaient pas rendus à servir les déjeuners).

Le lendemain matin… Je ne sais pas si vous connaissez l’expression « brûlement d’estomac ». Bref, c’est comme si mon estomac me disait : « Man, c’était pas ça le deal ». La dégustation de la veille avait dérapé, on devait vivre avec, on était attendu à Bromont, à la Microbrasserie Brouemont à 13 h.

 

Bromont

Honnêtement, on est arrivé à Bromont plus confus que confiant. On débarque dans une des plus belles micro-brasserie du Québec, le Brouemont, un endroit fort sympathique qui se démarque pour son décor. La place est située dans une maison centenaire, c’est tout petit, les escaliers d’époque, toute le kit, comme quand tu vas chez tes grands-parents, les vieilles tables en bois sont tellement grosses qu’elles donnent l’impression que la bâtisse a été construite autour.

Au grand dam de mon estomac, j’ai essayé quelques bières qui, selon moi, sont parmi les meilleures du Québec. Bières au fruits, bières au miel, bières blanches, blondes, rousses, brunes, noires. L’éventail était complet. Il y avait clairement une dualité, personne autour de la table avait le goût de boire mais tout le monde savait qu’ils passaient à côté de quelque chose s’ils ne le faisaient pas. C’est comme le film Décadence… c’est pareil.

 

St-Hyacinthe

Dernière destination sur la route : Le bilboquet. Tout le monde a repris un peu d’énergie, juste assez pour essayer les bières de cet incontournable de St-Hyacinthe. Malheureusement, le mauvais temps nous a empêché de prendre place sur la terrasse, un spot digne des plus belles terrasses montréalaises mais nous avons tout de même apprécié un bon houblon assis à côté de la vitrine en rappelant les anecdotes grivoises qui nous avait été racontées la veille par le proprio de la Memphré. Contrairement à lui, je vais vous épargner les détails.

 

Finalement, retour vers Sorel, on a réussi notre route des bières et on a trippé, tellement qu’on l’a refait l’année suivante, à Québec.

À suivre.

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