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L’industrie de la peur

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Octobre synonyme de : on change de linge, on sert nos sandales, on sort nos bas, les bottes et le crockpot. Il y a aussi les couleurs des paysages à couper le souffle et l’HALLOWEEN!

Halloween, héritage celtique, c’est maintenant une fête moderne de l’épouvante. L’industrie de la peur est de plus en plus lucrative. Je ne parle pas des peurs sociétales qui génèrent des millions en système de sécurité, police d’assurance et armement massif. Non la vraie peur, cette peur irrationnelle qu’on éprouve au visionnement d’un film d’horreur, la peur des clowns et des vampires et autre bête qui deviennent réelles le jour d’Halloween ! Que ce soit la vente de costumes ou des endroits hantés, l’engouement pour les phénomènes de la peur est en expansion.

L’industrie des costumes
Avant, un costume d’Halloween, ça se confectionnait avec des vêtements achetés au village des valeurs ou les vieilles fringues de matante Rita qu’on accessoirisait avec des trucs achetés au Dollorama. Les plus chanceux avaient le droit à un costume de vampire, de sorcière, ou un des trois costumes de super héros à la mode cette année-là. Dans les dernières années, il s’est développé un engouement pour cette fête. Le village des valeurs vend des costumes neufs, et il y a des boutiques spécialisées en costumes d’Halloween qui ont vu le jour. J’ai d’ailleurs visité une de ces boutiques en fin de semaine! AYAYAYE !!! Pauvres parents! Dans le sens de 3000 pieds2 de tentations pour des enfants et sources de conflits, mais également au sens propre. J’ai observé la mascarade ; on se serait cru devant les salles d’essayage au Boxing Day dans un Victoria Secret! Un line-up de p’tites mères qui faisaient essayer des costumes à leurs enfants. En 10 minutes, j’ai vu plus de 5 parents s’obstiner avec leur enfant de 8 ans pour finalement payer 40 $ pour un costume de princesse qui, à peu de choses près, va être pareil aux 18 autres p’tites filles dans la classe. L’industrie a vu une opportunité; fini le temps de l’imagination, du bricolage et de l’art du maquillage, entre les pratiques de hockey, la danse, le ballet et le soccer, pas de temps pour faire un costume on va en acheter un et pas de la cochonnerie, on ne fera pas d’un costume d’Halloween une raison à de l’intimidation.

Autre manne, c’est l’engouement des adultes pour le déguisement. Il y avait autant d’adultes qui déambulaient dans le magasin à la recherche de « THE costume » qui ferait fureur à leur party d’Halloween. Car bien sûr, nous adultes de la génération Y, on continue de fêter l’Halloween, on a juste troqué les bonbons pour la boisson. Il y a de tout dans les costumes pour adultes, du très sexy (emprunté au sexshop) jusqu’au trop épeurant. Les prix je n’en parle même pas! Toutefois, quel réalisme, les costumes étaient dans leur emballage et j’avais peur. Faut dire que je ne suis pas brave brave…

via GIPHY

L’industrie des visites thématiques
Depuis quelques années, on assiste à une offre toujours grandissante de visites thématiques hantées, de courses de l’horreur et des chasses de zombies.   La popularité pour ce type d’expérience a fait monter le calibre du réalisme et de la qualité des animations. Je l’ai mentionné, mais je le répète je suis peureuse, en plus ce sont des peurs irrationnelles… Malgré cela, presque chaque année je m’inflige une sortie sous le thème de la peur ! J’aime ça le rush d’adrénaline! L’an passé, j’ai visité le Village Québécois Hanté, j’en ai eu pour mon argent, j’étais morte de peur. Alors, cette année, on a réitéré l’expérience, mais, à la vieille prison de Trois-Rivières sous le thème de l’exorciste. Même si le scénario manquait de finition (mon côté rationnel), j’ai tremblé, crié, faite de l’hyperventilation et j’en passe. Il faut être fait fort. Bien que très différent, dans les deux cas, je vous recommande l’expérience. C’est bien fait et si vous vous abandonnez au jeu, vous ne pouvez pas être déçu.

 

Industrie de la clownesterie
Avec tout cet engouement pour les épiphénomènes de peur, il y a une mode qui est en train de tuer la bouffonnerie, soit les clowns maléfiques. Dommage pour les clowns gentils, depuis une semaine, pas moyen d’écouter les nouvelles sans qu’ils montrent une photo de clowns défigurés à la télévision, rien pour leur faire bonne impression. Gageons qu’on pourrait voir une baisse des ventes dans les services de clowns dans les fêtes d’enfants. Seule chose positive de toute cette effervescence pour les clowns dans les médias, c’est que j’ai appris que 10 % de la population souffrait de coulrophobie. Enfin, je me sens moins seule et plus saine d’esprit, car j’ai une peur viscérale des clowns, même Ronald McDonald me rend mal à l’aise.

 

Finalement…
Les costumes, le maquillage, jeux de rôles : échappatoire à la réalité? Est-ce que cet enthousiasme pour le déguisement est un cri de notre société, ou seulement l’influence d’un marché? Toujours est-il que le commerce de la peur génère des millions de dollars, règle rationnelle de l’offre et la demande. L’industrie a compris et c’est pourquoi on voit naître de nouveaux magasins spécialisés et de nouvelles visites thématiques et que, chaque année, on repousse les limites de l’irréel. Vampires, fantômes, morts-vivants, esprits venus des ténèbres, peu importe, s’il y a de l’argent à faire, un humain s’en chargera.

Êtes-vous de la génération Y qui célèbrera la Fête des morts-vivants ce week-end?

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